Un biographe peut-il écrire toutes les histoires ?

Le 28 mars 2022

Ma première rencontre avec Éléonore dans un café parisien m’a bouleversée. Comment pourrais-je écrire son histoire ?

Une enfance difficile
Éléonore est née à Antanarivo dans une famille de treize enfants. Malgré des parents aimants et aisés, les coutumes, les règles d’éducation et de vie à Madagascar, très strictes et sévères, ont fait de son enfance et de sa jeunesse une période douloureuse.

L’amour rencontré
Elle échappe à sa fratrie et au poids de la famille en rencontrant l’amour de celui qui deviendra son futur mari. Elle le suivra en France et c’est là qu’elle commencera à se sentir libre. Suivra une vie d’expatriée avec deux enfants.

L’engagement sociétal
Que ce soit en Zambie, à Maurice ou à Madagascar, Éléonore s’investit totalement. Que ce soit pour instruire les enfants, organiser des évènements sportifs ou créer sa structure, Éléonore suit sa ligne de vie, authentique et lumineuse.

Renoncer à écrire une biographie ?
À la suite de notre premier entretien, fort agréable, face au jardin du Luxembourg, je m’étais retrouvée dans l’incapacité de boire et de manger pendant deux jours. Moi qui suis très à l’écoute des signaux que mon mental m’envoie, je me suis persuadée que l’histoire d’Éléonore faisait résonner en moi des souffrances enfouies et j’ai choisi de ne pas accepter d’écrire son histoire de vie.

Se laisser surprendre !
Quelque temps plus tard, une amie, à qui je confiais cette expérience, m’a permis de prendre du recul. J’ai recontacté Éléonore pour lui proposer de commencer le récit de sa vie la semaine suivante. Tout a été extrêmement simple, et Éléonore et moi avons retracé sa belle histoire de vie dans la plus chaleureuse authenticité.
Moralité : Ne jamais se projeter dans l’histoire de son client.

Par Sylvie Kienast

Compagnon Biographe à Paris